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Sotchi, Russie, le 22 février 2014 - Mathieu Giroux suspend ses patins au clou de la retraite, ce matin, avec l’amertume d’avoir échappé la médaille de bronze à son dernier tour de piste. Le Québécois et ses alliés, Denny Morrison et Lucas Makowsky, ont terminé au pied du podium de la poursuite par équipe, hier, ratant de 2,33 secondes une médaille qui aurait jeté un baume sur leur titre olympique cédé aux Néerlandais. Leur duel échappé contre la Pologne met pour le Québécois le couvercle sur une carrière qu’il souhaitait clore sur une autre note.

Quand il s’est présenté devant les médias, Giroux avait les yeux vitreux. Il a avoué son amère déception.

«Un peu, quand même. Je voulais terminer ça sur une médaille», a émis l’athlète de 28 ans.

Les trois gars avaient réussi à se construire une avance de 2,33 secondes sur les Polonais après le troisième tour. Puis, l’avantage a fondu.

On a assisté à la fin d’une époque. Ce trio canadien n’avait certes pas le même coffre qu’il y a quatre ans. Un départ en force, mais une perte de vitesse dans la deuxième moitié. De toute évidence, il y avait aussi un peu de fatigue accumulée de la part de Morisson, qui a déjà connu de meilleures journées.

Avec un tour et demi à jouer, Morrison a laissé le poste de commande à ¬Giroux pour terminer la course et c’est à ce moment que la cassure a été ¬fatale. Morrison a éprouvé de la difficulté à recoller le train lorsqu’il a effectué le relais. Un effort éprouvant mais faisable pour des jambes dans une bonne journée, mais ce n’était pas le cas, cette fois-ci.

«Je me sentais bien au dernier tour, mais je voyais fondre notre avance assez rapidement. Je voulais continuer plus fort dans les deux derniers virages, mais j’entendais Lucas me dire qu’on perdait Denny. Je n’ai pas eu le choix de ralentir un peu, c'est ça l'esprit d'équipe», a expliqué Giroux.



PRÊT POUR UNE NOUVELLE VIE

Mathieu Giroux se lance dans sa nouvelle vie de pharmacien au lendemain des Jeux, mais il aurait aimé le faire avec une autre sorte de diplôme: celui de double médaillé olympique.

Il termine sa carrière de patineur avec un titre de champion olympique à la poursuite, mais Vancouver semblait déjà loin, hier. L’émotion du moment l’empêchait de réaliser que tout était fini pour lui.

«Je pense que ça va aller assez vite, quand même. La façon dont j’ai construit mon après-carrière ne me laissera pas le temps de m’en rendre compte vraiment. Par contre, oui, j’aurais aimé partir d’ici avec une médaille», a-t-il indiqué en contenant ses larmes.



Mariage

Le Québécois épousera sa fiancée Kirsty Lay, une cycliste sur piste de l’équipe canadienne qui participera aux championnats du monde en ¬Colombie, du 26 février au 2 mars. Ce rappel heureux lui a soudainement fait prendre conscience que la vie continuait après le patin.

«J’entre dans le bain de la vraie vie, maintenant. Je dois quand même réaliser que la vie d’un athlète est assez incroyable avec les voyages que ça procure. «C’est un job quand même assez relax aussi, vous savez, alors qu’on s’entraîne trois ou quatre heures par jour. Mais là, j’avoue que j’ai hâte de trouver une vie un peu plus normale», dit-il, lui qui entrera avec sa blouse de laboratoire au ¬centre hospitalier Maisonneuve-Rosemont dans une semaine.

«C’est comme ça que j’avais préparé mon après-carrière. Je voulais avoir la transition la plus rapide possible.»

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Photo: SSC/FOTOSPORTS.CA
Rédaction & Infos: JOURNAL DE QUEBEC (ALAIN BERGERON)

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